L'appel d'offres de la STM pour la suite Office de Microsoft : (514) 873-2433

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Ce numéro de téléphone, c'est celui de la Régie des rentes du Québec. M. Michel Labrecque, le président de la STM pourrait s'enquérir auprès du PDG de la RRQ, M. André Trudeau du jugement rendu par le juge Denis Jacques de la Cour supérieure dans la cause RRQ c. Savoir-faire Linux. Car visiblement, à la STM, personne n'a entendu parlé de ce procès, et encore moins lu le jugement donnant raison à Savoir-faire Linux.

 

Quand l'appel d'offres de la STM a été publié, mercredi le 17 août dernier, pour l'acquisition de 2577 licences de Microsoft Office 2010 Standard (à 200 $ l'unité, ce qui représente une dépense d'environ 500 000 $) et que cet appel d'offres était réservé aux seuls «revendeurs autorisés Microsoft Office», j'en suis resté bouche bée. N'est-ce pas la même Société qui a augmenté la CAM en janvier dernier de 2,2% ? Qui depuis 2001 a augmenté celle-ci de 40 % ?  La STM veut réduire son déficit d'opérations ? Très bien. Mais pourquoi ne pas regarder du côté du logiciel libre où la licence d'OpenOffice ou celle du système d'exploitation Linux ne coûte rien ? Attention! Je ne dis pas que passer aux logiciels libres ne coûte rien. Car là aussi, comme dans tous changements technologiques d'envergures , il y a des coûts de formation, de transition et de maintenance qui sont inévitables. Mais ils sont, sur une période de 10 à 20 ans, de loin inférieurs à ceux des logiciels propriétaires.

 

L'argument de la saucisse High Grade (elles sont plus fraîches parce que tout le monde en mange, et tout le monde en mange parce qu'elles sont plus fraîches) nous est servi a satiété lorsqu'une organisation refuse d'envisager une alternative à la suite bureautique de Microsoft : tout le monde connaît déjà MSOffice, il ne s'agit pas d'une mise à jour mais uniquement d'une mise à niveau, le personnel est déjà formé, etc. etc. Par contre, pas un mot sur la dépendance envers un fournisseur unique (en l'occurrence Microsoft, ou Oracle, ou SAP) qui vous oblige à des mises à niveau à tous les 4-5 ans et qui vous enferme dans sa logique d'affaires, c.-à-d. l'achat de ses autres produits.

 

Mais surtout, ces dirigeants refusent de voir que le choix de remettre leur destinée technologique entre les mains des monopoles informatiques entrave l'essor économique du Québec et plus précisément de son industrie logicielle. Car contrairement aux produits de ces monopoles qui sont développés à l'extérieur du Québec et dont le contrôle nous échappe, les logiciels libres peuvent se développer localement, leur adaptation se faire ici, la maintenance s'effectuer par des SSLL (sociétés de services en logiciel libre) québécoises. Ils permettent le développement d'un savoir-faire local et la création d'emploi à haute valeur ajoutée. Et qui plus est, comme les logiciels libres sont, la plupart du temps, conçus et supportés par une communauté de développeurs venant de partout au monde (reliés par Internet), il y a là une occasion extraordinaire de réseautage international pour l'industrie québécoise du logiciel.

 

Revenons à nos moutons. 500 000 $, me direz-vous, ce sont des peccadilles sur un budget de plus de 1 milliard de dollars. Peut-être. Mais il faut voir ce qu'il y a derrière la porte...Tenez, je vous ouvre celle de la ville de Montréal, pour comprendre les sommes importantes en cause, des sommes, je vous le rappelle qui sont des deniers publics.

 

En 2004-2005, la Ville de Montréal normalisait ses logiciels autour des produits Microsoft pour la coquette somme de 3 Millions de dollars. Or, comme le parc informatique de la Ville est passé de 9 920 ordinateurs à 13 500 de 2003 à 2009, et que la ville n'achetait pas de nouvelles licences à Microsoft, cette dernière, «préoccupée» par la situation, a demandé à la ville, en 2007, de procéder à un «auto-examen de la situation» (on ne bouscule pas un si bon client), ce que la Ville fit. Si bien qu'une entente à l'amiable remettait tout en ordre et la ville s'engageait à régulariser sa situation pour un montant additionnel de 350, 467,34 $. Et nous voilà rendu à 3,5 M$ pour des licences !

 

Voici comment se répartissent ces 3,5 M$ de licences Microsoft à la ville de Montréal :

• 21 % pour les progiciels de base (la suite Office);

• 32 % pour les progiciels spécialisés (base de données, etc.);

• 47 % pour les licences relatives aux serveurs.

 

Ouvrons un peu plus la porte. Dans les analyses de coût total de possession (en anglais - TCO - Total Cost of Ownnership) réalisées avant l'implantation d'un logiciel ou lors d'une mise à jour, il est courant d'estimer que le coût des licences représente entre 8 à 12 % du CTP. Avec cette hypothèse, le «petit» marché de 500,000 S de la STM pourrait donc se transformer en un marché potentiel  d'environ 4 M $ !

 

 Vous comprenez maintenant ce qu'il y a derrière la porte à la STM, ce qui peut se cacher derrière ce montant de 500 000 $ (progiciels de base). On ne parle plus ici de «peanuts». On parle de gros «bacon».

 

Qu'à cela ne tienne: cela n'empêche pas la STM de lancer sa méga campagne publicitaire sur le thème Mouvement collectif : À la STM, nous voyons grand et loin.

 

Quand je vois ce gachis, quand je vois ce manque de vision, je pense à cette chanson de Boris Vian « Fais-moi mal, Johnny »

 

Serge Martel

 

lancement d'une petite campagne de courriel

Salut Serge.

Très intéressant ton blogue.

Suite à la lecture de ton récent billet, j'ai écrit au mouvement collectif et à la stm pour suggérer l'ouverture de l'appel d'offre.

Voici le texte :

"Lorsqu'on parle de développement durable, ce n'est pas seulement la dimension écologique qu'il est question mais aussi la dimension économique à travers l'achat local, ouverture à des standards ouverts, recherche de solutions moins coûteuses etc.

Dans ce sens, en apprenant que la STM renouvelle ses outils bureautiques en favorisant seulement la suite bureautique Microsoft Office, je suggère que l'appel d'offre soit modifier pour favoriser la possibilité à des entreprises d'ici de proposer des suites bureautiques équivalentes à celle de Microsoft.

Je suggère d'ailleurs aux responsables de départements d'informatiques de la STM de lire le jugement sur le procès Régie des rentes vs Savoir-faire Linux.

Merci"

Je suggère à tous les lecteurs de faire de même et même suggérer à FACIL de faire des représentations, dans la mesure où les énergies le permettent.

Au plaisir,

Une belle analyse

C'est bien Serge de démonter les arguments fallacieux comme tu le fais. À force de dénoncer, ils finiront bien par bouger.

André