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Vive la France... Libre !Il y a une dizaine d'années, aussi bien dire un siècle en informatique, nous regardions la France de haut, elle qui s'échinait à ramer sur son minitel sans voir la vague Internet qui allait rapidement la reléguer au musée de l'histoire. N'étions-nous pas, au Québec, dans les ligues mondiales pour le traitement de l'image et des jeux vidéos (rappelez-vous Softimage) ? Le Québec Inc. et l'État québécois n'avaient-ils pas réussi à créer de grandes sociétés informatiques (CGI, DMR, LGS, etc.) à l'instar des grandes firmes d'ingénierie issues de la construction des barrages électriques ? L'État québécois n'avait-il pas mis en place des politiques publiques d'aide qui allaient certainement nous donner un Bill Gates du logiciel québécois ? Pendant ce temps-là, pendant que nous nous faisions claquer allègrement nos bretelles … « 96% of public sector in France is using open source »1 « France, Spain top global index of open source activity »2- Ars Technica Oui, pendant ce temps, la France plongeait au cœur de la nouvelle révolution informatique induite par le logiciel libre, devenant un des leaders mondiaux de «l'Open Source». Il existe en France plusieurs sociétés de services informatiques en logiciel libre (SSLL) comptant plus d'une centaine de conseillers (Smile, Linagora, StarExperts, etc.). En termes monétaires, ça commence à peser lourd : selon une étude publiée par la cabinet Markess International en 2009 3, le marché des logiciels et services liés au logiciel libre atteint 2,18 milliards d'euros (environ 3,5 milliards CAN $) soit 6 % de l'ensemble du marché des logiciels et services. Toujours selon ce cabinet, le marché devrait avoisiner les 3 milliards en 2011 (4,8 milliards CAN $). Ce dynamisme s'est transporté en partie de ce côté-ci de l'Atlantique, car plusieurs des fondateurs de SSLL au Québec sont d'origine française comme Cyrille Béraud de Savoir-Faire Linux, Benoît des Ligneris de Révolution Linux, Adrien Laurent de Modulis. Toutefois, au Québec, aucune SSLL ne compte plus cent conseillers. Et pendant ce temps-la, le gouvernement québécois continue à ramer sur son frêle esquif, un bateau qui commence à prendre de l'âge et l'eau de toute part. En s'appuyant sur le logiciel propriétaire (principalement Microsoft et Oracle) et en s'entêtant à gérer ses besoins informatiques par le biais de gros projets informatiques que seules des firmes imposantes peuvent gérer, il risque de passer à côté d'un défi exceptionnel: ce lui d'être le leader du logiciel libre en Amérique du Nord. Tout cela ne veut pas dire qu'il ne se fait rien au gouvernement du Québec en ce qui a trait au logiciel libre. Lors de la Conférence sur les logiciels libres dans l'administration publique (CLLAP) de 2008, plusieurs ministères ont fait part de leurs expérience et de leur utilisation du logiciel libre, notamment la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), qui utilise des logiciels libres dans son infrastructure depuis plus de cinq ans et le ministère de la Sécurité publique pour ses applications en géomatique (http://geomsp.msp.gouv.qc.ca/ ). De l'aveu même de plusieurs fonctionnaires, l'intérêt envers le logiciel libre est très présent, mais la volonté politique (qui doit venir des élus) est absente. Et pendant ce temps-là, aux États-Unis, l'administration Obama opte pour les standards ouverts et, de plus en plus, pour le logiciel libre. Le site web officiel de la Maison Blanche est maintenant géré par Drupal, un gestionnaire de contenu (CMS) libre et… gratuit. Serge Martel
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